Vous êtes des « Alternatively Influential » sans même le savoir. Ni même savoir ce que ça veut dire.
L’expression vient d’un article du Wall Street Journal, et elle décrit une catégorie de personnes que le marketing n’a jamais su nommer : celles qui influencent réellement les décisions d’achat de leur entourage, sans audience, sans média kit, sans se considérer une seule seconde comme des influenceurs.
C’est-à-dire, à peu près, tout le monde.
Quinze ans de mutation, en accéléré
J’ai commencé dans la creator economy en 2011. Autant vous dire que l’industrie a évolué, jusqu’à changer de nature.
À mes débuts, seuls les méga-créateurs intéressaient les marques. Un seul objectif : du volume, un maximum de followers. Et il faut se souvenir d’un détail qu’on a complètement oublié depuis : à l’époque, très peu d’entre eux avaient franchi la barre du million d’abonnés.
Puis les campagnes ont commencé à être mesurées sérieusement. Reach, engagement, affinité. Et ce travail d’analyse a produit un résultat contre-intuitif : les plus grosses audiences n’étaient pas les plus performantes.
D’où la diversification. Macro, micro, jusqu’aux nano-influenceurs, et même aux créateurs dits « UGC », ceux dont on achète le contenu sans même acheter l’audience.
Aujourd’hui, toutes les marques utilisent l’influence. Elle est devenue incontournable dans les stratégies marketing.
Le basculement : de la portée à la crédibilité
Voilà ce que quinze ans de professionnalisation ont produit comme enseignement principal :
Ce n’est plus la portée qui fait la différence, c’est la crédibilité.
Des profils plus proches, plus authentiques, dont la parole compte vraiment. C’est la logique qui a guidé toute la descente vers le nano-influenceur : à chaque étage, on troque de l’audience contre de la confiance.
Et cette logique fonctionne. Elle a un seul défaut : personne ne l’a poussée jusqu’au bout.
Le vrai shift est ailleurs
Parce que le raisonnement s’arrête toujours au même endroit : on cherche des créateurs plus petits. On ne se demande jamais si l’influence appartient encore aux créateurs.
Or elle ne leur appartient pas. Elle ne leur a jamais appartenu exclusivement.
L’influence est partout. Nous influençons tous, tous les jours.
Quand vous dites à un collègue quel logiciel utiliser. Quand vous envoyez un lien produit dans une conversation WhatsApp familiale. Quand une amie vous demande quelle crème vous utilisez et que vous lui répondez honnêtement. Quand vous déconseillez un restaurant.
Aucune de ces interactions n’apparaît dans un reporting. Aucune n’est rémunérée. Et pourtant, ce sont elles qui déclenchent le plus d’achats, parce qu’elles portent la seule chose que la publicité ne pourra jamais acheter : la confiance.
C’est d’ailleurs ce que confirment les données : 88 % des consommateurs font confiance aux recommandations personnelles [1]. Personnelles. Pas professionnelles.
Reconnaître l’influence là où elle se trouve
Le shift n’est donc pas un changement de taille de créateur. C’est un changement d’objet.
On passe d’un modèle centré sur la création de contenu à un modèle centré sur la recommandation.
La nuance est structurante. Dans le premier, vous achetez un actif : une vidéo, un post, une story, et la portée qui va avec. Dans le second, vous activez un comportement : quelqu’un parle de vous à quelqu’un d’autre, et ce quelqu’un achète.
| Modèle contenu | Modèle recommandation | |
|---|---|---|
| Ce que la marque obtient | Un asset et de la portée | Une vente attribuée |
| Qui participe | Ceux qui savent produire | Tout le monde |
| Ce qui crée la valeur | La qualité du contenu | La relation de confiance |
| Mesure | Impressions, engagement | CAC, ventes |
| Plafond | Nombre de créateurs | Nombre de clients satisfaits |
Les deux ne sont pas opposés. Un créateur peut très bien faire les deux. Mais seul le second est ouvert aux « Alternatively Influential », c’est-à-dire à la quasi-totalité de vos clients.
Pourquoi les marques passent à côté
Pour une raison simple et un peu ironique : ces gens ne se considèrent pas comme influents.
Ils n’ont pas de kit média. Ils ne démarchent personne. Ils ne savent pas qu’un lien d’affiliation existe, et ne penseraient jamais à en demander un. Ils recommandent parce qu’ils ont envie de recommander.
Résultat : ils ne sont ni identifiés, ni activés, ni récompensés. Toute la valeur qu’ils créent est absorbée sans être reconnue, et sans être mesurée, donc sans jamais apparaître dans un plan d’acquisition.
Le problème n’a jamais été l’absence de recommandation. C’est l’absence d’infrastructure pour la voir.
La question qui découle
Si une personne sans audience génère une vente par sa recommandation, cette vente a exactement la même valeur qu’une vente générée par un créateur avec 500 000 abonnés.
Alors pourquoi la rémunération serait-elle réservée au second ?
C’est toute la logique de la Recommendation Economy : reconnaître que l’influence ne s’arrête pas aux créateurs, et donner à chacun les moyens d’être récompensé pour la valeur qu’il crée réellement.
Vous êtes un « Alternatively Influential ». Il serait temps que ça compte.
Je suis Virginie Maire, co-fondatrice de Frak Labs, qui transforme vos clients en un canal d’acquisition scalable, rentable et authentique. Entrepreneure engagée, maman de deux enfants, je navigue depuis 20 ans entre médias, réseaux sociaux, influence et e-commerce… et je m’éclate toujours autant !
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