Au salon européen Tech for Retail s’est tenu le reveal du Mapping Retail de France Digitale et FDJ United Ventures. Frak Labs figure parmi les startups qui font avancer le retail en France, et quand on vous l’annonce, vous dites un grand oui.
Mais au-delà du mapping, ce que j’ai surtout retenu de ces journées, c’est que le retail vit une transformation profonde. Entre conférences, stands et discussions avec des retailers, e-commerçants et agences, voici cinq convictions qui en sortent.
1. Le social commerce n’est plus une tendance, c’est un réflexe
C’est le constat le plus net, et il change la nature de la question.
On ne se demande plus si les consommateurs découvrent des produits via les réseaux : c’est acquis. La manière dont ils découvrent les marques a profondément changé : ils les découvrent via leurs amis, des créateurs, des communautés, les réseaux sociaux [1].
La question s’est donc déplacée d’un cran : non plus « où » ils découvrent, mais « à qui » ils font confiance.
Et là, les réseaux sont bruyants, mais la confiance vient des proches.
L’implication : on active ses clients et ses communautés, pas seulement des influenceurs professionnels.
2. Les marques veulent comprendre, pas deviner
Ce qui revient chez 100 % des décideurs, sans exception : « On veut savoir ce qui marche réellement, et pourquoi. »
C’est une exigence d’attribution, et elle arrive au pire moment pour les canaux établis. Fin des cookies tiers, protections navigateur, parcours multi-device : l’attribution dernier clic devient une convention plus qu’une mesure. Sur les plateformes, les marques manquent structurellement de transparence, de data et d’attribution fiable [1].
L’implication : investir dans des canaux avec attribution claire, traçabilité et insights exploitables. Ce critère devient éliminatoire dans le choix d’un canal, pas un bonus.
3. L’acquisition classique atteint un plafond
CPC qui flambent, saturation publicitaire, ROI en baisse. Le coût d’acquisition client a augmenté de plus de 60 % en cinq ans [1], et les consommateurs ignorent de plus en plus les publicités, avec une fatigue publicitaire et un ad-blocking en forte croissance [1].
Deux phénomènes se superposent, et c’est leur combinaison qui crée le plafond : le client ne veut plus une expérience « type », il veut la sienne. Et il ne croit plus à la publicité, il veut de l’authenticité.
Autrement dit, on ne peut pas répondre à la hausse des coûts par plus de volume, puisque le volume est précisément ce qui dégrade la réceptivité.
L’implication : adapter l’acquisition aux parcours réels, et remettre du earned dans le mix : clients, communautés, créateurs de confiance. Le earned n’est plus la cerise sur le gâteau du paid. Il devient une ligne à part entière.
Le sujet est développé dans L’acquisition client est cassée.
4. L’instantanéité change l’engagement
Conviction moins attendue, mais très opérationnelle : les incentives différés ne fonctionnent plus.
L’utilisateur veut du simple, de l’immédiat, du transparent. Une récompense qui arrive plus tard, sous conditions, sur un prochain achat, ne produit plus l’effet escompté, et c’est l’une des raisons pour lesquelles tant de programmes de fidélité et de parrainage plafonnent.
L’implication : privilégier des mécaniques de récompense instantanée, véritables boosters d’engagement. Voir Cash, points ou bons d’achat.
5. Le retail media cherche son alternative
Le retail media a explosé parce qu’il apportait ce que le social perdait : de la donnée first-party et une proximité avec l’acte d’achat. Mais il reproduit la même logique : acheter de l’espace sur une audience qu’on ne détient pas.
La piste qui émerge : une alternative fondée sur la recommandation authentique plutôt que sur l’achat média de masse, avec des coûts d’acquisition maîtrisés.
L’implication : raisonner en canal détenu, pas seulement en inventaire disponible.
Là où ces convictions se recoupent
Ces cinq points ne sont pas indépendants. Ils décrivent un même mouvement : le retail cherche des canaux qui soient à la fois crédibles, mesurables et maîtrisés.
C’est aussi ce qui apparaît dans les tendances du mapping, et pourquoi la recommandation s’y inscrit assez naturellement :
- Hyper-personnalisation : chaque campagne d’acquisition se configure sur mesure, selon le secteur, les objectifs et les parcours clients propres à chaque marque
- Social commerce : transformer chaque client et chaque communauté en canal d’acquisition direct, sans intermédiaire
- Transparence : data, flux, récompenses et performances visibles, traçables et pilotés par la marque
- Retail media : une alternative fondée sur la recommandation authentique
- Paiement et retail fintech : des paiements immédiats et sécurisés, avec des mécaniques de cash-reward adaptées à chaque typologie de clients
- IA prédictive : des mécaniques intelligentes pour renforcer conversions et engagement
Ce que ça veut dire pour votre plan
Oui, il faudra mettre de l’IA dans sa vie, c’est clair. Mais aussi de la confiance, de la preuve sociale et de l’automatisation intelligente.
Et un rappel qui vaut au-delà des salons : vos clients sont des apporteurs d’affaires redoutables. Quand la tech s’en mêle, cette influence authentique devient l’un des piliers du retail moderne.
Et vous, vos enjeux d’acquisition, comment comptez-vous les aborder ? On innove en ouvrant de nouveaux canaux, ou on continue d’optimiser les mêmes ?
Parce que répéter la même routine avec des CAC qui augmentent sur les réseaux sociaux… je dis ça, je dis rien.
Je suis Virginie Maire, co-fondatrice de Frak Labs, qui transforme vos clients en un canal d’acquisition scalable, rentable et authentique. Entrepreneure engagée, maman de deux enfants, je navigue depuis 20 ans entre médias, réseaux sociaux, influence et e-commerce… et je m’éclate toujours autant !
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